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Référencement Page 1

| Le Chemin des Incas de Cuzco
à Machu Picchu
Au km 82, la route Cuzco-Quillabamba fait une halte
devenue célèbre pour tous ceux qui rêvent de trekking
et de randonnée dans les Andes. C'est de là que part le
fameux "Chemin de l'Inca", randonnée de quatre jours
qui conduit à la mystérieuse cité perdue des Incas,
en traversant des paysages grandioses, par une ancienne route inca elle-même
jalonnée de vestiges et de sites archéologiques remarquables,
dont certains n'ont seulement été dégagés
que dans les dernières décennies.
C'est
Hiram Bingham, le découvreur de Machu Picchu, qui le premier, reconnut
l'existence de cette route inca lors de ses explorations de 1911 et 1915.
En 1941, l'expédition de la Fondation Viking, conduite par Paul
Fejos, en découvrit d'autres tronçons : c'est d'ailleurs
à cette occasion que fut découvert le très important
site de Wiñay Wayna. Il fallut attendre 1968 et l'expédition
du docteur Victor Angles pour qu'il soit dégagé dans sa
totalité. Afin de protéger ces richesses archéologiques
et la très riche flore qui l'environne, l'Etat Péruvien
décida en 1981 de classer en réserve nationale tout ce secteur
de la vallée de l'Urubamba et de la cordillère de Vilcabamba
sous le nom de "Parc Archéologique de Machu Picchu".
Llactapata
Après avoir franchi un pont suspendu qui traverse le Rio Urubamba
(2300 m d'altitude) et marque le début du "Chemin des Incas",
on découvre, sur la droite, ce site qui est t l'un des plus étendus
du Parc Archéologique de Machu Picchu, atteignant plus d'un kilomètre
de long sur 300 m de large.
Ses vastes terrasses, ou andenes, laissent à penser que Llactapata
était une ville vouée à l'agriculture. On y distingue
trois secteurs parallèles et longitudinaux, différenciés
par l'altitude, la qualité du travail du sol et des constructions.
Le secteur urbain occupe le niveau supérieur : on y dénombre
plus de cent maisons de différents types, la plupart construites
en "pirca". Certaines conservent encore des murs élevés,
attestant l'existence de deux étages. Au centre, se dresse une
place trapézoïdale, limitée par une muraille où
était percée la seule porte d'accès à la ville.
Le secteur central est constitué de terrasses agricoles, s'allongeant
sur plus de deux kilomètres. Le niveau inférieur était
celui des champs ou des enclos, il s'achève au bord du torrent
Kusichaka, le long duquel se dresse une muraille qui protégeait
jadis l'ensemble de la cité.
Vue de Llactapata (prise depuis le tronçon de chemin inca qui part
du km 82).
Le chemin remonte ensuite le cours du Rio Kusichaca jusqu'au village de
Huayllabamba (3400 m d'alt.) aux maisons disséminées,
dont certaines ont conservé des bases incas. On y trouve aussi
les vestiges d'un ancien aqueduc, encore en service. Au Sud-Ouest, se
dirige une piste incertaine conduisant les andinistes vers les contreforts
du glacier Salcantay, l'un des plus hauts sommets des Andes Centrales
(6270 m ).
A partir de Wayllabamba commence la pénible montée jusqu'au
col de Warmiwañuska, littéralement en quechua "la femme
morte", à 4150 m d'altitude. Le chemin redescend ensuite jusqu'à
l'étroite vallée du Rio Pacamayo, puis remonte vers un deuxième
col.
Runkuracay
Perché sur un éperon rocheux d'où il domine le vide,
ce petit ensemble circulaire aux allures de forteresse dut faire office
de "tambo" (auberge) et de poste de guet. Les randonneurs américains
l'appellent " the Egg Hut " à cause de sa forme ovale.
Le site est grandiose et offre des vues magnifiques. Il est situé
à mi-chemin de la montée vers le second col, connu sous
le nom de "Runkuracay Pass" (3500m).
Sayaqmarka
Découverte par Hiram Bingham lors de son expédition de 1915,
son nom signifie "la ville inaccessible" ou encore "la
ville dominante". Perchée au sommet d'un promontoire à
3700 m d'altitude, elle est reliée au Chemin de l'Inca par un sentier
qui bifurque sur la gauche et se transforme bientôt en longs escaliers,
aboutissants à une place principale. Véritable petite cité,
ce site est un labyrinthe de ruelles, de placettes, de terrasses, de maisons
(les ruines d'une vingtaine en subsistent), de canaux et de fontaines.
Un groupe d'enceintes occupe la zone ouest de Sayaqmarka, entouré
de précipices vertigineux. On y découvre des vues somptueuses
sur le col de Runkuracay ainsi que sur la troisième passe.
Le "Tunnel Inca"
Après Sayaqmarka, en direction du troisième col, le chemin
passe sous ce fameux tunnel, long d'une vingtaine de mètres, creusé
au temps des Incas. L'intérieur est étroit, obscur et passablement
boueux pendant la saison des pluies. Après celui-ci, le chemin
traverse une forêt et monte vers le troisième col.
Phuyupatamarka
Découvert par Hiram Bingham, ce groupe archéologique se
dresse le long du fameux "Chemin de l'Inca" entre Cuzco et Machu
Picchu. Il est d'ailleurs situé à peu de distance d'un autre
groupe important, celui de Wiñay Wayna, dont on aperçoit
au loin les terrasses. Le nom de "Phuyupatamarka", littéralement
"la ville au-dessus des nuages" est bien mérité,
car du fait de son altitude (3650 m), elle se trouve souvent au-dessus
de ceux-ci.
Ville autrefois importante, elle est toute entière située
sur une colline, bien protégée par les plis de la cordillère
de Vilcabamba.
La place supérieure, à laquelle on accède par plusieurs
escaliers et une porte monumentale à double arc, de la période
Inca impérial, devait être le théâtre des principales
cérémonies. Du sommet de celle-ci, on a une bonne vue d'ensemble
sur la ville : on distingue tout d'abord deux enceintes supérieures
jumelles, puis plus bas, deux groupes d'habitations. De ce belvédère,
on a également un superbe point de vue sur les pentes enneigées
du pic Salcantay (6270 m d'alt.), parmi d'autres sommets, tandis qu'en
contrebas se dessine la vallée encaissée du Rio Urubamba.
A un niveau inférieur, une seconde place est limitée à
l'ouest par cinq petits bassins et un ruisseau canalisé, qui sépare
la plaine de la colline. Sur cette esplanade, on peut observer la "Roche
sacrée", énorme masse taillée en plusieurs endroits,
qui était sans doute liée de par sa présence près
des bassins thermaux (ou liturgiques) à la religion inca, et notamment
au culte de l'eau. La cité est entourée de terrasses agricoles,
ou andenes, descendant le long de la colline.
Wiñay Wayna
5 km avant d'arriver à Machu Picchu, cet ensemble archéologique,
dont le nom signifie "toujours jeune" en quechua, fut exploré
par Julio C. Tello en 1942. Complexe urbain et agricole assez important,
on a coutume de le qualifier de "petite sœur de Machu Picchu".
Dominé par un vaste ensemble de terrasses, ou andenes, le complexe
urbain est lui-même séparé en deux par un grand escalier
qui conduit à un secteur aristocratique où l'édifice
dominant est le Torreon, dont la façade présente des fenêtres
et des niches. Ce bâtiment fortifié servait sans doute à
la surveillance et à la communication. Près de là
se trouvent deux groupes de bains, l'un constitué de trois bassins
et l'autre de deux.
Le secteur urbain "populaire" est composé d'une vingtaine
d'enceintes, presque toutes rectangulaires. Les portes sont d'une bonne
hauteur, supérieures à 2m, certaines à double arc.
Du point de vue architectonique, la façade du Torreon, le mur de
la terrasse principale, ainsi que quelques autres, représentent
parfaitement le style inca aux pierres admirablement taillées et
assemblées sans mortier. Les autres édifices sont, comme
à Machu Picchu, de style "pirca".
Après Wiñay Wayna, le chemin traverse une belle forêt
tropicale où poussent des orchidées et dans laquelle fut
tournée la première scène du film « Aguirre
ou la colère de Dieu » de Werner Herzog.
Intipuktu : la porte d'entrée à
Machu Picchu
L'Intipunku, ou "Porte du Soleil" marque l'arrivée dans
la cité sacrée de Machu Picchu. A cet endroit (2700 m),
on découvre enfin le but du voyage dans toute son étendue
et toute sa splendeur. Il devait s'agir d'un poste de garde et de vigie,
formé d'un ensemble d'enceintes dont les fenêtres et les
portes étaient dirigées les unes vers la ville, les autres
vers le côté opposé, de façon à surveiller
le bas du col. Au milieu, passe le chemin en escaliers. Les randonneurs
y prennent une photo-souvenir en savourant leur victoire.
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