Le Maca

La maca (Lepidium meyenii) est une plante à racine pivotante de la famille des Brassicaceae. Elle est cultivée comme aliment et pour ses vertus médicinales depuis le Néolithique dans les Hautes Andes péruviennes, à l’altitude de 3500 à 4200 mètres au dessus du niveau de la mer.

Histoire

L’espèce Lepidium meyenii, qui comprend donc une forme cultivée et une forme sauvage d’aspect variable, a été décrite par Wilhelm Gerhard Walpers en 1843 d’après un exemplaire recueilli à Pisacoma (3919 m d’altitude) à environ 60 km au sud du lac Titicaca, dans le département de Puno au Pérou. Ce lectotype était soit d’origine totalement sauvage soit issu de macas cultivées retournées à l’état sauvage après la mise en jachère du champ d’origine. Dans les années 90, le président péruvien Fujimori en voyage au Japon parle de la maca dans un de ses discours. Des commandes importantes arrivent alors du Japon et la commercialisation internationale de la maca commence. La réintroduction expérimentale de la Maca en Bolivie a été réalisée en 2000 par la biologiste de l’Institut Français d’Études Andines (IFEA) Katia Humala-Tasso et par Pierre-Olivier Combelles à la station à Belen à de la Faculté d’Agronomie de l’Université Mayor de San Andrès de La Paz, près d’Achacachi (Bolivie), au bord du lac Titicaca.

Rusticité

La maca est l’une des très rares plantes à pouvoir survivre dans les conditions climatiques extrêmes qui sévissent sur les hauts plateaux des Andes : soleil implacable et températures élevées le jour, gel intense la nuit, vents violents et soutenus qui dessèchent la plupart des végétaux et causent une importante -érosion des sols, créant de ce fait des conditions semi-désertiques. Les macas les plus intéressantes sont cultivées sur des terres vierges, espaces de la steppe de la puna n’ayant jamais été cultivées auparavant.

Description

Lepidium meyenii existe encore à l’état sauvage dans les Andes, à l’étage de la puna, où elle porte le nom de  « chichicara » en quechua et de « januckara » en aymara. La partie aérienne est éduite, mais la racine est très charnue. Une autre espèce sauvage à racine charnue, très proche du type de Walpers et des exemplaires de Lepidium meyenii sauvages conservés à l’Herbier national de Bolivie à Cota-Cota, Lepidium kalenbornii Hitchcock, a été découverte par Pierre-Olivier Combelles et Katia Humala-Tasso dans la région du lac Chinchaycocha ou lac Junìn, berceau de sa culture dans les Andes centrales du Pérou. La maca est une espèce en voie de domestication qui retrouve rapidement ses caractéristiques sauvages lorsqu’elle est à l’abandon. Sa domestication est peut-être liée à celles des Camelidae sud-américains (lama, alpaca) au Néolithique, les engrais animaux favorisant le développement de sa racine. Les macas cultivées sur la même parcelle année après année à l’aide d’engrais chimiques ont un goût amer et sont véreuses.

Utilisation

Au Pérou, la maca est transformée de plusieurs façons : crue, cuite ou séchée. Avec la maca, les Péruviens préparent des biscuits, des gâteaux, des chips, et des boissons. La maca n’est pas un médicament, mais peut être commercialisée comme complément alimentaire. C’est une source alimentaire de qualité supérieure. Le tubercule est utilisé depuis des milliers d’années par la population locale. À présent, les Péruviens utilisent encore la maca comme source alimentaire. Mais aussi au-delà des frontières du pays, la maca est maintenant connu, tant en Amérique du Sud et du Nord qu’en Europe. La maca est surtout connue sous le nom de  « ginseng péruvien » ou  « viagra péruvien », parce que cette plante stimulerait la libido, ces vertus prétendument aphrodisiaques n’étant pas scientifiquement étayés. La maca permet également de lutter contre la stérilité masculine en améliorant la qualité du sperme. Il n’y a aucun effet secondaire connu. Ses potentialités médicinales sont actuellement en cours d’étude pour identifier les molécules actives dans l’utilisation traditionnelle. Les trois écotypes principaux semblent avoir des effets légèrement différents sur les hommes et les femmes, mais toujours bénéfiques pour la fertilité.

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