Les Danseurs aux Ciseaux

Adresse physique et défi rituel

Du point de vue de l’homme occidental la danse des ciseaux est en essence une manifestation d’art et d’adresse physique, mais pour l’homme andin ou métissé qui habite dans les communautés agraires de la sierra elle constitue avant tout un rituel complexe. Une série de mystères entoure les danzaq (exécutants du rituel) qui, dans un déploiement de force et d’élasticité mettent à l’épreuve leur agilité au moyen de sauts acrobatiques au rythme de la harpe et du violon. Selon les prêtres de la Colonie le halo magique qui les entoure obéit à un pacte supposé avec le diable, en raison des surprenantes pastas ou épreuves qu’ils exécutent au cours de la danse. Ces épreuves, appelées atipanakuy, consistent à s’enfoncer des épées dans l’œsophage, à se traverser le visage avec des fils de fer, à ingurgiter des insectes, crapauds et couleuvres, entre autres exploits propres du fakirisme andin. Le principal instrument de la danse sont les ciseaux, faits de deux branches de métal indépendantes d’environ 25 cm de long et qui, une fois jointes, ont la forme d’une paire de ciseaux à bouts ronds. Les lieux où cette danse est la plus répandue sont Ayacucho, Apurimac, Arequipa, la sierra de Ica, Huancavelica et Lima.

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