Cusco

Pages : 1 2 3 Suivant

Situés à 3.400 m d’altitude, Cusco (255.300 habitants) et ses environs sont un des endroits les plus beaux d’Amérique du Sud. Entourée de montagnes brunes, la ville s’étend dans un site magnifique, cœur de l’empire inca (Cusco signifie nombril en langue quechua) et renferme des monuments et œuvres d’art d’une grande valeur artistique et historique.

Ce que nous connaissons de Cusco avant la conquête vient des anciennes traditions orales transmises de génération en génération. On dit que la ville fut fondée entre les Xe et XIIe siècles par l’Inca Manco Capac, qui selon la légende, venait du lac Titicaca, le lac sacré.

Une autre légende nous raconte que sur les conseils du Dieu Viracocha, les quatre frères Ayar quittèrent l’Altiplano. L’un d’eux, Manco, après s’être débarrassé de ses frères, planta sa baguette d’or, signe de son pouvoir, dans le sol, à l’emplacement de ce qui serait la ville de Cusco, capitale de l’empire du Tawantisuyo, qui s’étendait dès la rivière Maule, qui coupe le Chili central jusqu’à la ville de Pasto en Colombie, y compris l’Équateur, la Bolivie et une partie du Nord de l’Argentine.

Par ses grandes connaissances en architecture, en hydraulique, en médecine, en agriculture, la société inca fut un exemple admirable d’organisation politique, administrative et sociale.

Le 23 Mars 1534, Francisco Pizarro fonda sur la ville de Cusco une ville espagnole bâtie sur des fondations incas. Pendant la vice-royauté, la ville de Cusco garda son importance politique et sociale, elle fut aussi le centre d’une résistance passive, ayant connu des éclats, dont le plus important fut celui de José Gabriel Condorcanqui, qui prit le nom de Tupac Amaru II.

A partir de 1821, quand débuta la période républicaine, l’importance politique de Cusco déclina.

En 1911 avec la découverte du Machu Picchu, Cusco connaîtra un nouvel essor, pour devenir aujourd’hui la capitale archéologique de l’Amérique.

A Cusco, cœur de l’empire inca, on trouve des ponchos (pour les hommes) et des mantas (pour les femmes) très beaux que l’on ne retrouve nulle part. Les ponchos sont une marque d’identité et leurs dessins varient selon les villages (ayllú).

Au début, l’altitude risque de vous gêner. Ne faites pas de longues promenades. Allez boire une infusion de feuille de coca (Mate de coca) dans un bar pour diminuer les effets de l’altitude et allez vous allonger à l’hôtel 2 ou 3 heures, afin de nous accoutumer à l’altitude. Le premier jour, mangez légèrement le midi et évitez les plats trop riches ou les viandes genre churrasco.

A noter aussi, dans la région de Cusco, les chicherías, débits de boisson pour boire une vraie chicha, boisson la plus populaire. Ces endroits se signalent par une fleur de papier ou un chiffon rouge au bout d’une longue perche.

SITES TOURISTIQUES

La Plaza de Armas

Bordée par la cathédrale et la Compañia de Jesus, la plus belle église de Cusco, c’est un chef-d’œuvre de l’architecture catholique, édifiée par les jésuites. La Plaza s’étend exactement sur l’espace cérémonial inca et était entourée de prestigieux monuments. Il n’y a qu’à étudier de près l’appareillage de pierres dans le restaurant Roma pour imaginer la qualité de la construction. Aujourd’hui, presque entièrement bordée de galeries à portiques, avec ses deux prestigieuses églises, c’est l’une des plus jolies places coloniales du Pérou.

La Cathédrale, édifiée en 1560. Autel principal et retable entièrement en argent. Derrière l’autel, un autre retable en bois brut sculpté. Admirables stalles de bois sculpté style baroque du XVIIIe siècle (ainsi que le lutrin). Dans la sacristie, belle collection de meubles coloniaux. Un retable, Christ en croix attribué à Van Dyck. Notez la superbe porte ciselée d’éléments floraux. Derrière leur clôture de bois, l’argent coule à flots dans la plupart des chapelles. Richement décorées, elles abritent aussi d’intéressantes peinture de l’école de… Cusco. Dans la chapelle du Christ des tremblements (nef de droite près du passage menant à l’église du Triunfo), Christ noir, offert par Charles Quint.

La Compañía de Jesús

Créée par les pères jésuites qui arrivèrent à Cusco en 1571. En 1576 débuta la construction dans le quartier Amaru Kancha de Wayna Capac, en suivant les plans de l’architecte Don Francisco Becerra. Le tremblement de terre de 1650 endommagea sa construction, qui repris en 1661 sous la direction de l’architecte jésuite Juan Bautista Egidiano. La construction complète fut réalisée en 15 ans et ouverte le 19 Août 1668.

Le plan de la façade et des tours fut réalisé par le jésuite Fructuoso Viera, l’exécuteur de l’œuvre fut l’architecte Diego Martinez de Oviedo. La construction est en forme de croix latine, avec une seule nef, deux tours avec oeils-de-bœuf qui s’encadrent et s’ajustent à la façade; l’allée centrale se termine dans une coupole de grande facture architecturale de singulier style baroque; on remarque à l’intérieur le grand travail de ciselures des ornements en bois de style baroque.

Les retables sont en bois de cèdre et dorés à la feuille. On trouve également des toiles représentant le mariage de la princesse péruvienne inca Isabel avec Diego Oñas de Loyola et un autre représentant l’union des Loyola et des Borja. Entre autres peintres, on trouve Marcos Zapata, Basilio Santa Cruz, Basilio Pacheco, Cipriano Gutierrez, Rivera et autres anonymes. Parmi les sculptures les plus remarquables, on trouve celles de San Jeronimo et de San Francisco qui se trouvent dans la sacristie, dont l’artiste fut Melchor Huaman Mayta.

Église et couvent de la Merced

Fray Sebastian de Trujillo y Castañeda fonda le couvent ou l’église en 1536, à l’endroit nommé LLimipipata, fondation confirmée par ordre papal de Pie IX en 1561. L’ancien cloître et l’église fonctionnèrent jusqu’en 1650, date à laquelle ils furent détruits par un tremblement de terre. En 1675 se termina la construction dans laquelle participèrent Alonso Casay et Francisco Monya, avec comme principaux donateurs les Pizarro et les Almagro entre autres.

La façade est de toute beauté; on remarque la tour de l’église avec d’exceptionnelles pierres taillées de style baroque. L’église compte trois nefs avec des piliers et voûtes remarquables; le premier cloître a de riches ornements en bois de cèdre ciselé.

De même, la pièce d’orfèvrerie la plus remarquable est l’ostensoir de la Merced à deux styles, la partie supérieure de style baroque fut réalisée par Juan de Olmos, orfèvre espagnol en 1720 et la partie inférieure, de style renaissance, fut réalisée par l’orfèvre de Cusco Manuel de la Piedra en 1805. Pesant 22,2 kg et mesurant 1,30 m de haut, elle est incrustée de 31.518 diamants, 615 perles, rubis, topazes et émeraudes ! Cet ostensoir se trouve à l’intérieur du couvent (premier cloître).

Église de San Blas

La paroisse fut construite au XVIe siècle, elle est la plus vieille paroisse de Cusco.

Dans cette église se trouve la plus extraordinaire œuvre de menuiserie fine, de style churrigueresque espagnol. La chaire est la ciselure en cèdre la plus impressionnante connue au Pérou, réalisée par les indigènes. On ne connaît pas l’artiste. Le retable de l’autel est de style baroque et doré. Un autre retable de très bonne qualité représente la Vierge del Buen Suceso, exécuté par l’artiste Mateo Tuiro Tupac. De même, il faut noter la fresque de cette même Vierge.

Église et couvent de San Francisco

Fondée par les pères franciscains, en l’an 1645, avec deux façades et clocher unique, tout de pierres taillées de style espagnol ancien. L’ouvrage se termina en 1652.

Il y a à l’intérieur du couvent une monumentale toile de 12 m sur 9 m. représentant la généalogie de la famille franciscaine, réalisée par Juan Espinoza de los Monteros. De plus on trouve des oeuvres picturales de Diego Quispe Tito, Basilio Santa Cruz, Antonio Sinchi Roca, Marcos Zapata entre autres.

Église et monastère de Santa Catalina

Ils furent fondés à Cusco par la Señora Lucia de Padilla et Don Jeronimo de Pacheco, en l’an 1605, sur le terrain de Ajila Wasi ou La Maison des Vierges du Soleil. L’architecture correspond aux dernières époques de la Renaissance, avec des voûtes de style romain. On y trouve également un salon capitulaire avec des fresques et autres œuvres d’art comme les magnifiques travaux d’orfèvrerie, de textiles, de sculptures, dorures et retables baroques. A ceci on peut y ajouter des toiles tel que la collection du peintre Juan Espinoza de los Monteros et un gigantesque tableau de la Vierge de l’Assomption et une autre toile de la glorification de Santa Catalina, dont l’auteur fut Lorenzo Sanchez.

Église et monastère de Santa Clara

La fondation fut réalisée dans l’allée de Santa Clara en 1558, dans laquelle participèrent des ouvriers métis, indiens et l’architecte Fray Manuel Pablo, qui termina l’ouvrage.

Il y a un formidable autel et un retable avec des miroirs vénitiens construits par Pedro de Oquendo, ce qui en fait le seul exemple de ce style à Cusco.

La rue Hatunrumiyoc est une des plus célèbres rue de Cusco grâce à la pierre aux douze angles qui fait partie de l’un de murs incas.

CLIMAT ET SAISON

En terme général, le climat est agréable: frais et sec, et la température varie entre 3° et 25°. La saison des pluies est de novembre à mars. Des pluies légères au début de la saison, et intenses durant les mois de janvier à mars. La saison sèche est d’avril à octobre. On conseille aux visiteurs de prendre des vêtements chauds et imperméables durant la saison des pluies.

Dans les mois de juin, juillet et août la température atteint souvent les 0°. La configuration du terrain est très accidentée, avec de nombreuses gorges et des cours d’eau d’origine glacière, alimentant le fleuve Urubamba qui traverse la zone formant une profonde vallée qui se fraie un chemin à travers la batolite granitique de Vilcabamba.

LES PAYSAGES

Le panorama naturel est impressionnant et l’équilibre réussi entre la nature et l’œuvre architecturale inca notable. La présence de la chaîne de Vilcabamba avec des glaciers au sommet supérieur à 6.000 m, tels que Salkantay, Humantay, entre autres, et la configuration des forêts et vallées, créent des images surréelles où les levers et couchers de soleil font un spectacle grandiose et mystérieux.

LA FAUNE

Elle est abondante et variée. L’existence d’espèces considérées en voie d’extinction comme « l’ours à lunettes » (Tremarctos Omatus), le coq des rochers (Rupicola Peruviana), le cerf nain (Pudu Mephistopheles), etc. conduit le gouvernement à déclarer cette zone comme protégée.

Présence d’autres espèces tel que le puma, le renard andin, la loutre des rivières, la taruka, le chat sauvage, le furet, etc.; nombreux oiseaux avec entre autres les cara-cara, les colibris, le canard des torrents, les perroquets, la dinde sauvage et plusieurs autres oiseaux au plumage coloré; des reptiles tel que le jergon bothrops et le serpent corail, dangereux par son venin très actif; des alligators, grenouilles, ‘quiropteros’ et une nombreuse faune andine et amazonienne qui se fond dans la zone, ce qui fait du sanctuaire un lieu où l’observation et/ou l’étude constituent une attraction additionnelle pour touristes et chercheurs.

Les grandes zones naturelles sont occupées par une grande diversité d’espèces forestières avec des caractéristiques relatives à l’altitude. La végétation forestière est composée d’espèces d’arbres tel que le cèdre, romarin, laurier, etc., et les genres tels que Ocotea, Pedocarpus, Guarea, Weinmania, Clusia, Cedropia, Cinchena, Eritrina, ou Pisonay, Ilex entre autres.

Autour du site du Machu Picchu, on a répertorié 90 variétés d’orchidées, beaucoup d’espèces de bégonias, etc. La majeure partie de la superficie est couverte d’herbes, arbustes et arbres.

Les conditions variées ont développées les caractéristiques propices au développement d’une flore très diversifiée, qui va des forêts touffues jusqu’aux forêts clairsemées des sommets montagneux.

Remarques:

Cusco est à 3.400m d’altitude, ce qui signifie que les nuits sont froides, mais que, heureusement les journées sont ensoleillées (surtout d’avril à octobre), il convient donc de faire très attention aux coups de soleil.

AUTOUR DE CUSCO:

SACSAYHUAMAN

Au nord de Cusco. A trois kilomètres de Cusco se dressent les imposants vestiges de la forteresse de Sacsayhuamán, témoin du génie constructeur des Incas. C’est au pied de ses murailles que se déroule tous les ans la Fête du Soleil, Inti Raymi, cérémonie haute en couleurs. Le cadre de Sacsayhuaman (sur 3.000 hectares) est merveilleux. Par le sentier qui part de Cusco, vous découvrirez un superbe panorama. Sacsayhuaman est une « forteresse » inca, très célèbre pour ses blocs de pierres (certains pèsent plusieurs dizaines de tonnes) si bien ajustés (sans l’aide de mortier) qu’il est rigoureusement impossible d’y glisser une aiguille. Les fortifications qui entouraient la capitale inca de Cusco étaient destinées à protéger et solidifier le contrôle inca. On est proprement stupéfait par ces trois murailles cyclopéennes, étagées en zigzag. La présence d’un centre cérémonial en haut laisse penser que c’était peut-être plus un temple qu’une forteresse ! En effet, comment expliquer des lignes de défense aussi massives… contre des frondes, arcs et flèches (et quand on songe, en plus, aux prouesses techniques qu’il fallut réaliser pour amener tous ces blocs !)

Cette structure a su, malgré les nombreux tremblements de terre, résister durant ces nombreuses années.

Kenco: sanctuaire rupestre ;

Puca-Pucara, forteresse rouge ;

Tambomachay et sa fontaine, le Bain de l’Inca.

Pages : 1 2 3 Suivant
Loading...