Les Camélidés Andins
Les Camélidés sont des mammifères artiodactyles d’origine nord-américaine, mais ils ont disparu de ce continent alors qu’ils se répandaient en Amérique du Sud, en Asie, puis en Afrique, continents où ils ont survécu pour donner naissance aux espèces modernes.
La vigogne (Vicugna vicugna)
La vigogne est une espèce de mammifère sud-américain, de la famille des camélidés. C’est la seule espèce du genre Vicugna.
Description:
La vigogne a une hauteur au garrot de 0,7 à 1,10 mètres et elle est longue de 1,40 à 2 mètres, ce qui fait d’elle le plus petit des camélidés. Elle possède un cou long et musclé et un museau fin. Sa courte queue est fauve sur le dessus et blanche ou beige en dessous. Ses oreilles sont longues, pointues et fines, ses pattes, longues et fines également. Les incisives inférieures de la vigogne sont très longues et elle poussent continuellement, comme chez les rongeurs. Son dos, son cou, sa tête et le devant de ses pattes sont de couleur fauve, contrairement à sa poitrine et au derrière de ses pattes qui eux sont de couleur blanche. Son pelage est constitué de la fibre la plus fine après la soie. Son poids varie entre 40 et 60 kilogrammes.
La vigogne vit en groupes constitués d’un mâle, de deux ou trois femelles et de leurs petits dans 80 % des cas. Ces groupes sont appelés harems. Dans 20 % des cas, quelques mâles célibataires se regroupent à l’intérieur d’un même territoire. La vigogne habite les hauts plateaux froids, déserts et hostiles de la cordillère des Andes, qui se situent à une altitude comprise entre 3 500 et 5 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle passe la plus grande partie de sa journée à se nourrir, réservant la nuit à la rumination. Les vigognes en harems maintiennent une petite distance entre elles, sauf le mêle qui se tient à 10 ou 15 mètres du groupe. La vigogne ne se sert pas du son pour communiquer. Elle préfère les postures comme mode de communication.
La vigogne est un animal diurne, car elle broute pendant le jour et elle rumine la nuit tout en dormant. La vigogne n’a pas d’abri; quand elle met son petit bas, elle le fait en pleine prairie et lors d’un orage de grêle (ils sont fréquents sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes), elle se couche, le cou allongé au ras du sol pour se protéger. La vigogne est très bien adaptée aux déplacements; ses pattes longues et fines, ses doigts écartés et ses membres rapprochés du centre de gravité lui permettent de courir jusqu’à 40 kilomètres à l’heure sur un terrain caillouteux. Quant à son long cou, il lui sert de balancier pour la stabiliser durant la course. La vigogne se nourrit uniquement de graminées ainsi que d’autres plantes herbacées. La vigogne est par conséquent herbivore. Elle réussit à sélectionner les jeunes pousses grâce à sa lèvre supérieure fendue en deux qui possède l’habileté de trier les herbes. Ses incisives représentent une autre adaptation à son régime alimentaire, car elles sont très larges et elles poussent sans arrêt.
Son long cou lui permet d’atteindre le sol pour brouter sans avoir à pencher son corps. Parmi les animaux sauvages, le puma, le renard des Andes et le condor sont les principaux prédateurs de la vigogne. Mais l’humain, avec l’aide du chien, l’a chassé énormément depuis l’arrivée des Espagnols, en 1532. Alors qu’il y en avait 1,5 million pendant la période Inca, leur nombre a chuté d’une façon dramatique jusqu’à ce qu’il n’en reste presque plus, en 1965. Depuis, une loi sévère interdit la chasse de la vigogne, qui n’a donc officiellement plus besoin de craindre l’homme.
Distribution:
La vigogne habite exclusivement en Amérique du Sud, principalement dans les Andes centrales. On trouve ces animaux en Bolivie, au Pérou, au Chili, et dans le nord-ouest de l’Argentine. Le Pérou a la population la plus importante, mais la Bolivie compte aussi une importante population sauvage dans le sud-ouest du pays.
Protection:
Une partie des populations de vigognes d’Argentine, du Chili, toutes les populations du Pérou et de Bolivie sont inscrites à l’annexe II de la Cites. Toutes les autres populations sont inscrites à l’annexe I de la Cites. La protection instaurée depuis les années 1960 a permis à la population de se reconstituer, et elle est estimée à 125 000 animaux en 2006.
Fibre de Vigogne:
La laine de sa toison étant faite de fils les plus fins au monde (12 microns de diamètre) on en fait une étoffe de très haute qualité – excellente isolation au froid – destinée au marché de l’habillement de luxe, parmi les plus chères au monde (plus chère que l’alpaga). Ce tissu est extrêmement difficile à fabriquer, sa facture est principalement manuelle.
Le Lama blanc ou Lama
Le lama blanc ou lama (Lama glama) est un camélidé domestique d’Amérique du Sud. Le terme « lama » est souvent utilisé de manière plus large pour s’appliquer aux quatre espèces animales proches qui constituent la branche sud-américaine des camélidés : le lama blanc lui-même, l’alpaga, le guanaco et la vigogne.
Origine:
Avant le débarquement des Espagnols sur le continent sud-américain, le lama y était le seul animal domestique. Utilisé comme bête de somme, il était aussi très prisé pour sa fourrure et sa viande, mais sa charge maximale étant d’une vingtaine de kilos, il ne peut être monté.
Classification:
Les premiers écrits concernant le lama le comparent généralement au mouton. Pourtant, on s’aperçut très vite de sa parenté avec le chameau, et donc avec les camélidés. Les paléontologistes Joseph Leidy, Edward Drinker Cope et Othniel Charles Marsh ont interprété la découverte d’espèces disparues de l’ère tertiaire sur le continent américain, qui apporte des lumières sur l’apparition de cette famille et leurs relations avec les autres mammifères.
À l’origine, les lamas n’étaient pas cantonnés à la partie du continent américain située au sud du canal de Panama comme ils le sont de nos jours. On en a découvert de nombreuses traces datées du pléistocène dans la région des montagnes Rocheuses ainsi qu’en Amérique centrale, dont certains beaucoup plus grands que les spécimens actuels. De nombreux animaux apparentés aux chameaux, montrant des mutations génétiques et une série progressive de changements, y ont été découverts dans des strates allant du pliocène au début du miocène. Comme aucune trace de camélidé n’a, à ce jour, été découvert dans des fouilles du vieux continent, il est actuellement admis que les Amériques sont leur terre d’origine et que certains sont passés en Asie, descendant vers le sud en fonction des modifications climatiques pour devenir les chameaux. Il y a peu de mammifères dont le passé paléontologique a été retracé avec autant de succès.
Caractéristiques:
Dans la mâchoire supérieure on trouve un inciseur pointu et aiguisé au bord de la prémaxillaire, suivi d’une véritable canine pointue, incurvée et de taille moyenne sur la partie antérieure de la maxillaire. La prémolaire isolée ressemblant à une canine que l’on retrouve chez les chameaux n’est pas présente. Les molaires qui sont en contact les unes avec les autres sont deux très petites prémolaires (la première étant très rudimentaire) et trois molaires larges, construites généralement comme celles des autres camélidés. Le crâne ressemble généralement à celui du chameau, sa taille plus réduite expliquant la cavité crânienne et les orbites relativement plus développés et les cloisons crâniennes plus modestes. Les os nasaux sont plus courts et plus larges, rejoints par la prémaxillaire. Les oreilles sont plutôt longues et arrondies. Il n’y a pas de bosse dorsale. Les pieds sont proches, les doigts de pieds sont plus séparés que chez les chameaux, et possèdent chacun leur voûte plantaire distincte. La queue est courte, et la fourrure longue et laineuse. Dans les caractéristiques structurelles essentielles, ainsi que dans l’apparence générale et leur comportement, tous les animaux de ce genre se ressemblent étroitement, et la question de savoir s’ils doivent être considérés comme appartenant à une, deux ou plus d’espèces différentes a été la cause de nombreux débats et controverses chez les naturalistes.
Comportement:
Le lama crache pour sa défense. Ce crachat est constitué de régurgitations gastriques (le lama est un ruminant). Dans les caractéristiques structurelles essentielles, ainsi que dans l’apparence générale et leur comportement, tous les animaux de ce genre se ressemblent étroitement, et la question de savoir s’ils doivent être considérés comme appartenant à une, deux ou plus d’espèces différentes a été la cause de nombreux débats et controverses chez les naturalistes.
L’Alpaga
L’alpaga est un mammifère domestique ruminant proche des lamas. Il existe deux types d’alpagas : les suris et les huacayas.
Description:
L’alpaga adulte mesure environ 90 centimètres au garrot et environ 150 centimètres jusqu’à la pointe des oreilles. Il vit une vingtaine d’années.
Répartition géographique:
Dans son milieu naturel, les Andes, en Amérique du Sud, l’alpaga vit à environ 4500 mètres d’altitude.
Caractéristiques/ Comportement:
C’est un animal de compagnie, d’agrément et d’ornements. Il est très calme et doux, avec une affinité naturelle pour les enfants, il garde une certaine indépendance sans pour autant être farouche. C’est un animal très curieux et très intelligent, il n’a aucune agressivité, ni envers l’homme, ni envers d’autres animaux. Il peut cohabiter facilement et n’est pas fugueur. Cependant, pendant la saison des amours, les mâles deviennent plus farouches et crachent sur les autres mâles des boules de contenu gastriques, comme le font d’ailleurs les lamas.
La laine d’alpaga est une fibre très haut de gamme, plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que la laine de mouton. On peut le tondre tous les ans, mais sa toison peut être gardée 2 voire 3 ans.
Le guanaco
Apparenté au lama il n’a pas été domestiqué, contrairement à ce dernier. Des analyses génétiques ont montré que le lama descend en fait du guanaco. La fourrure du guanaco est uniformément brun et roussâtre : son museau et ses oreilles sont gris noirâtre, tandis que le ventre ou les pattes sont blancs. Le guanaco mesure près de 1 mètre 10 au garrot. Montant rarement à plus de 3 000 mètres d’altitude, on le rencontre du Pérou méridional à la Terre de Feu; actuellement il est plus répandu en Patagonie où il vivent généralement en petit groupes d’une vingtaines conduits par un mâle dominant. Les principaux prédateurs naturels du guanaco sont le puma et pour les jeunes, le condor. Cependant l’homme exterminant les animaux pour leur fourrure de qualité constitue l’ennemi le plus redoutable.